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NYMPHEAS. L’ABSTRACTION AMERICAINE ET LE DERNIER MONET. ORANGERIE < 20-08-18

vendredi 29 juin 2018

Claude Monet. Le pont japonaisUn splendide aller et retour dans l’art entre les deux rives de l’Atlantique. La dernière œuvre de Monet, les Nymphéas, n’a pas été comprise dans sa radicalité par ses contemporains. En revanche des artistes américains l’ont vu à Paris ou encore à New York , lorsque Alfred Barr fait entrer au Museum of Modern Art de New York un grand panneau des Nymphéas (W1992) et tandis que ces grandes "décorations" demeurées dans l’atelier de Giverny commencent à attirer l’intérêt des collectionneurs et musées.
Relue par un grand critique Clément Greenberg qui la met en relation avec ce qui est en train d’apparaître à New York, Monet est alors présenté comme "une passerelle entre le naturalisme du début de l’impressionnisme et l’école contemporaine d’abstraction la plus poussée" et notamment Pollock, tel que Autumn Rhythm (number 30), 1950.
Le musée de l’Orangerie poursuit le propos et montre en une vingtaine de toiles [1]seulement, les liens ou dépendance à l’égard de Monet

Barnett Newman, The Beginning, 1946

• comment ce qu’on a appelé, le Colorfield, où la couleur comme teinte définit de « espaces-formes » comme chez Barnett Newman (The Beginning, 1946),

Clyfford Still, 1965 (PH-578)
Helen Frankenthaler, Riverhead, 1963

• l’impressionnisme abstrait chez Clyfford Still, ou chez Helen Frankenthaler (Riverhead 1963)

Jackson Pollock. The Deep, 1953

• le all-over chez Jackson Pollock, cette composition uniforme qui déborde du cadre, et sa technique du dripping qui fusionne des motifs non figuratifs

Willem de Kooning. Villa Borghese, 1960

• les peintures abstraites des grands paysages de Willem de Kooning, comme sa Villa Borghese de 1960

Philip Guston. Painting, 1954

• le dispositif de Mark Rothko (1964) et de ses 14 peintures (color field painting) pour une chapelle rappelant l’accrochage de l’Orangerie

Morris Louis. Vernal, 1960

• l’intensité des grands formats à l’acrylique de Morris Louis (Vernal 1960)

Philip Guston. Painting, 1954

• le lyrisme de Philipp Guston si proche de celui de Monet (Painting 1954)

Sam Francis. Round the World, 1958-1959

• ce qu’on a appelé, le tachisme chez Sam Francis

Jean-Paul Riopelle. Sans titre, 1954
Mark Tobey. White Journey, 1956

Sont considérés comme héritiers de Monet, Jean Paul Riopelle et Mark Tobey appelé « le vieux maître de la jeune peinture américaine » avec sa peinture calligraphique, tandis qu’Ellsworth Kelly rend un hommage explicite, même dans le minimalisme, à Monet

Dans la mesure où les Nymphéas sont désormais familiers en France, cette exposition est surtout un moyen de (re) découvrir la peinture américaine des années 50-70, avant le Pop qui a tout bouleversé, de façon intelligente et didactique.
Jean Deuzèmes

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Exposition à l’Orangerie du 13 avril au 20 août 2018

Monet a inspiré de nombreux autres artistes et continue toujours à le faire. Dans la récente exposition sur Zao Wou-Ki au Musée d’art moderne de la ville de Paris, on découvre un ensemble d’hommages aux personnes qui ont compté pour l’artiste, dont Claude Monet. Saisi par les Nymphéas et l’expérience de l’immersion qu’il y a faite, il n’aura de cesse de retrouver par ses grands formats abstraits la même émotion.

Zao Wou-Ki. Hommage à Claude Monet, triptyque, février-juin 1991

[1Jackson Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Ellsworth Kelly.