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Alain Fouray. Re-cyclages



Une brève exposition de photographie à l’Orangerie du Sénat, à la veille de la COP21, qui éveille à la poésie et à la beauté des objets rejetés, voués à une autre vie que l’on ignore. Jusqu’au 6 septembre2015.

Photographe né à Rouen en 1952, Alain Fouray vit et travaille à Paris. Après s’être longtemps consacré à photographier les grands travaux, l’architecture et la publicité, il se recentre ensuite sur des recherches plus personnelles.

C’est en parcourant les sites de recyclage et les unités de valorisation énergétique français depuis plus de 2 ans que le photographe a pu réaliser ces images, reflétant l’exacte réalité et constituant par là-même une importante banque d’images sur l’ensemble des filières. Cette démarche artistique a été soutenue par les professionnels du recyclage et de la valorisation afin de sensibiliser un large public.

Marie Thérèse Joudiou a rencontré l’artiste.

Sont exposées 55 œuvres du photographe Alain Fouray.

De beaux formats carrés aux couleurs et lignes étonnantes qui peuvent être contemplés comme des créations sorties tout droit de l’imagination de l’artiste.

En rester là est déjà un bonheur.

Plus surprenant est d’apprendre qu’une matière est le substrat de chacune des photos.

Plus surprenant encore est d’entendre Alain Fouray m’expliquer qu’il a laissé venir à lui, à son objectif, sans arrangement de sa part, un morceau choisi dans un tas de matériaux déjà trié et en période de recyclage. Des exemples : tas de piles, de pilules pharmaceutiques, de seringues de soins hospitaliers, chutes de rames de papier, métaux rares récupérés et en fusion, tôles compressées…

Tout ces fragments de réalité venus de nos déchets sur les quels nous avons le plus souvent un regard négatif, ou coupable, ou découragé tant ils s’amoncellent et peu à peu sont en train de nous submerger.

La beauté des photos ouvre l’oeil du regardeur à une autre dimension d’appréhension de la matière pour au moins deux raisons :

Ici, ce n’est pas la belle nature qui nous est présentée et à laquelle nous prêtons attention, mais à ce dont nous nous débarrassons sans trop souvent mesurer les conséquences de nos gestes.
Et c’est beau.

C’est alors une invitation, une incitation, à déshabituer notre regard porté sur des pans gigantesques de la réalité du monde tant que nous n’y voyons que du banal sans intérêt.

Recyclage, valorisation des déchets vus par un artiste sont des pistes d’ouverture vers une autre façon de pratiquer la protection de notre planète, de sauvegarder un peu mieux notre avenir.

De très belles affiches de WWF, résultats d’un concours, occupent une autre partie de l’Orangerie. Elles sont une alerte, voire des signaux d’alarme pour certaines, mais toujours une forte invitation à changer nos modes de vie.

Cette exposition devrait être ouverte une deuxième fois en novembre dans une autre partie du Luxembourg juste avant la tenue de la COP21. Les publics scolaires pourraient ainsi en profiter.

Marie-Thérèse Joudiou

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