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Exposition Soulages



Soulages : un nom, une couleur ? Des visiteurs acquis
d’avance ? L’exposition du centre Pompidou déloge
vite des idées toutes faites.

S’exposer aux tableaux de Soulages, c’est se vider
de tout savoir, devenir autre, regarder autrement ce
que nous croyions voir d’un oeil trop habitué.

Poète de l’abstraction des formes depuis toujours, il
dit comment il se surprend et se révèle à lui-même :
« j’ai appris très tôt que l’artiste était celui qui était
attentif à ce qu’il ne sait pas » « c’est ce que je fais
Je suis en train de rater un tableau. Je suis un
marécage noir. Le noir a tout recouvert » (Revenu
plus tard, reposé), « j’ai vu que je ne travaillais plus
avec du noir mais avec des états de lumière qui
réfléchissent le noir.

La couleur qui est la plus grande absence de lumière,
je l’ai appelé « outre noir » Mon instrument n’était
plus le noir mais cette lumière secrète venue du
noir… cette couleur qui incite à l’intériorisation »

L’outre noir de Soulages est porté par l’intelligence
des rythmes, au coeur de tout être humain. Un
rythme agi dans son langage pictural qui emporte
celui qui regarde par ses pulsations puissantes, et a
probablement emporté le peintre lui-même. Un
rythme qui n’enferme pas mais au contraire libère
non sans une certaine jubilation.

Cette intelligence des rythmes, je l’ai retrouvée
dans les photos de Michael Kenna, pousseé jusqu’au
plus haut point de l’émotion. La lumière naissante
dans une palette de gris rythmés invite à la
contemplation de réalisations humaines,( usines,
sculptures, paysages des plus humbles au plus
élaborés…) L’homme est totalement présent, l’homme
M.Kenna, et tout homme, malgré l’absence délibérée
de représentation humaine.
L’exposition est à la bibliothèque nationale site
Richelieu jusqu’au 24 janvier.

Marie-Thérèse Joudiou

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