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Galerie Saint Séverin. Janvier 2010 "Chair" de Stéphane Thidet



Une vanité, un jeu de mots
« Chair » ne désigne pas simplement l’objet « chaise » en anglais, il évoque également la « chair », l’enveloppe charnelle. Comme déshabillant l’objet, l’artiste met à nu le frêle squelette du siège. Rejoignant le genre de la Vanité, l’œuvre semble alors nous questionner à propos du superflu.

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« Toute poésie a sa racine dans l’acte immédiat de négation. »
René Daumal, « Clavicules d’un Grand Jeu poétique », in Le Contre Ciel.

Retirer l’excédent pour parvenir à l’essentiel.
Stéphane Thidet débarrasse partiellement la chaise de sa gaine en entamant la matière jusqu’à faire apparaître les strates du bois. « Chair » ne désigne pas simplement l’objet « chaise » en anglais, il évoque également la « chair », l’enveloppe charnelle. Comme déshabillant l’objet, l’artiste met à nu le frêle squelette du siège. Rejoignant le genre de la Vanité, l’œuvre semble alors nous questionner à propos du superflu.

Se dévouer « corps et âme ».
La chaise est le symbole de la stabilité de l’écoute à l’intérieur de l’église. Par son geste, l’artiste équarrit l’assise de cette foi, il l’interroge. Aller à l’essentiel, c’est alors paradoxalement atteindre un point limite, une situation fragile. Creusant la question, et la chaise, l’artiste cherche métaphoriquement à atteindre l’« âme » du bois, à trouver le point de jointure entre corps et esprit.

Tu es né poussière…
Chair fait aussi écho à l’idée de naissance, d’incarnation. Les copeaux perdus par les deux chaises n’ont pas disparu, ils forment un tas de matière visible au centre, comme un troisième personnage qui pourrait naître de ces restes. Il n’est donc pas question de destruction mais bien plutôt de re-formation, de re-naissance. Retirer pour re-fabriquer autre chose, donner à voir autrement.

Comme dans une autre de ses œuvres intitulée Le Terril (2008), qui consistait à transformer l’objet festif et léger du confetti en une masse inerte et sombre par son accumulation, l’identité de l’objet de base est ici violemment attaqué, au sens physique du terme, pour atteindre une existence paradoxale. On ne peut plus s’asseoir sur les chaises, au risque de les casser. Ne reste que la silhouette des chaises, leur structure trop vulnérable, mais sans atours, moins superficielles peut être.

« Less is more » ? Mettre plutôt en danger, ne rien enlever, garder sous une autre forme.
Comme dans les contes et l’imaginaire qui nourrissent son travail (cf. La Meute au château de Nantes, L’Estuaire, 2009), Stéphane Thidet aime à déformer les choses, les maintenir en tension, parfois entre la vie et la mort, comme en suspens, le temps de nous laisser entrevoir de nouvelles possibilités.

Présentation parSandra Adam-Couralet.

Stéphane THIDET
’’Né à Paris en 1974. Après des études à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Rouen puis de Paris, Stéphane Thidet n’a de cesse de remettre en question la réalité quotidienne à travers des installations, des vidéos, des photographies qui explorent l’inconscient collectif, l’enfance, le divertissement : des montagnes poussent au centre d’un billard, un amas de confettis noirs devient un lourd terril, un bal populaire joue sur un rythme ankylosé... Stéphane Thidet travaille souvent directement sur l’espace pour le métamorphoser. C’est ce qu’il fait avec Sans titre (Le Refuge) (2007) où une pluie torrentielle ronge l’intérieur d’une habitation, Crépuscule (2009) qui transforme l’intérieur d’une banque en un décor où la lumière se fait obstacle, par le décrochage des éclairages du lieu, ou encore La Meute (2009), où il lâche une meute de loups au cœur du parc du château de Nantes, et questionne alors notre rapport au mythe et au sauvage.
Stéphane Thidet est représenté par la galerie Aline Vidal à Paris.’’

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