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Latifa Echakhch. L’air du temps



La lauréate du Prix Marcel Duchamp 2013 s’est vue proposer un espace au centre Beaubourg pour concevoir une installation d’une poésie visuelle surprenante et dire l’étrangeté de nos souvenirs d’enfance.

Obtenir le Prix Marcel Duchamp permet d’exposer à Beaubourg. Latifa Echakhch qui travaillait sur une certaine idée du cirque et du spectacle, lorsque le spectacle est terminé ou que la scène est désertée, revient sur ces sujets en explorant la question du décor et de la trace.
Elle transforme l’Espace 315, sans fenêtre et très long, en un ensemble de nuages qui oscillent au raz du sol, selon des plans successifs, le recto étant blanc et bleu, le verso noir.

Ce n’est pas la tête du visiteur qui se trouve dans les nuages, mais ses pieds ! Au fur et à mesure de sa promenade, celui-ci découvre des objets étranges, des souvenirs d’enfance qui ne sont pas les siens, peints partiellement en noir pour dire l’enfouissement dans la mémoire. C’est l’envers du décor.

Jusqu’au 26 janvier 2015, au centre Beaubourg.

Pour comprendre l’œuvre, il faut aller au bout de l’espace d’exposition. Les fils de suspension des nuages sont noirs et ressemblent à de la pluie. Mais rien ne tombe, rien ne s’élève non plus. Le sens du haut et du bas est troublé. Ces décors ne veulent pas tromper, ni à faire illusion. C’est simplement de l’artifice, un peu comme dans le film de Bergman, « La flûte enchantée ».

Déambuler vers le fond prend du temps, tout est noir, c’est le passé et les objets chinés par l’artiste renvoient à des souvenirs très personnels, comme ce flacon de parfum de Nina Ricci qui donne le titre à l’exposition.
Quand on revient, tout est clair, joyeux comme un avenir chantant ou optimiste. Cela prend aussi du temps…

C’est un paysage mystérieux dont l’artiste adepte du minimalisme, évoque la signification dans la brochure distribuée au visiteur.

« Ces nuages n’ont pas une signification arrêtée, précise. Ils permettent une forme de condensation. Il s’agit d’offrir une seule et même vue d’un ensemble, comme un paysage de bord de lac où l’on peut voir le ciel, l’eau et les berges se refléter les uns sur les autres, les uns dans les autres. Il y a ici un jeu avec le haut et le bas, le recto et le verso. Un jeu de basculement qui permet une forme de synthèse, et concourt à créer une sensation onirique tout en attirant l’attention du visiteur sur les sculptures »

et encore

« J’aime les mots et l’espace des mots. Mais, je me sens plus à l’aise quand je me sers d’objets et de matériaux. Avec les mots, l’intrusion est plus directe, plus intime. Pourtant, si je n’avais pas trouvé le moyen d’exercer le métier d’artiste, j’aurais écrit de la poésie. »



V&D

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