Voir & Dire : un réseau de personnes curieuses de l’art contemporain, un dispositif d’accueil des artistes et de leurs œuvres à Saint-Merry, église du centre de Paris, un lieu d’expositions et de débats, un site internet de formation et de découvertes...


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Les expositions annoncées en 2011 à Saint-Merry



Les choix de V&D

Les artistes exposés proviennent de deux démarches : les artistes eux-mêmes (via le site Internet), le réseau V&D qui recherche régulièrement des œuvres, plus spécifiquement en accord avec le thème de l’année « Face au monde ».

Une autre voie féconde se dessine, celle des évènements musicaux classiques ou expérimentauxdont Saint-Merry est fréquemment le théâtre. En effet, certains des artistes sont liés aux arts visuels, d’où le projet d’associer des œuvres visuelles à des moments où le sonore est l’objet artistique principal et très apprécié d’un large public.
Certains trouveront peut-être que ces choix d’exposition ( ce qui se passe sur le site relevant d’une autre logique) sont plutôt éclectiques, du pastel aux arts numériques, et un peu disparates, mais ils traduisent avant tout des options collectives et une articulation plus forte avec ce qui se joue au sein du CPHB.

La cohérence des expos de V&D tient donc au fait qu’elles s’insèrent dans un projet plus global.

16 janvier- 5 février : Jean-Louis Guilhaumon, PrésentationS (Pastel et huiles)

L’art contemporain n’est pas fait que d’installations et du recours à des techniques de plus en plus sophistiquées. En effet, il se maintient, voire se développe, tout un courant plus traditionnel dans ses moyens, l’huile, le pastel, le dessin, l’encre, qui questionne la figuration.

Les questions posées sont alors : au service de quel projet ? Quelle posture de l’artiste ? Quelle place dans la chaîne de production de l’art ? Le titre PrésentationS tire son sens tout d’abord de l’origine artistique des œuvres : des photos anciennes retrouvées dans des tiroirs, tributaires de codes sociaux de pose pour les présentations des nouveaux-nés ou les groupes d’invités dans des mariages.

La première présentation est celle de tirages argentiques vieillis auxquels le pastel redonne vie, dans une église.

La deuxième est celle de l’artiste lui-même et de sa longue maturation : il présente ce qu’il a retenu de ces situations photographiées ; le passage d’émotions à leur traduction concrète par un médium. Certains y retrouveront des références aux constructions de Rembrandt ou de Music. Des filiations ?

Enfin, ce titre renvoie aux sujets mêmes : la présentation par une mère d’un nouveau né et celle des invités qui, à un mariage, posent et se présentent devant le photographe. La programmation de cette œuvre est liée au temps des mages.

13 février- 5 mars : La rue parle, Valérie Simonnet (Diaporama et photographies)

Cette photographe fait porter son regard sur la ville, sur la solitude des êtres qui la parcourent et la vivent au quotidien. Elle propose une vision à partir des trottoirs et ce qui s’y vit. Cette œuvre engagée porte un regard empathique ou d’un bref instant, en associant une situation, une publicité urbaine et une personne. Elle participe complètement du thème de V&D « Face au monde ».

27 mars - 9 avril : Anne Simone Wallinger, Container (Diaporama)

Sera présenté dans le cadre de manifestations liées à l’immigration. Cette œuvre très forte, d’une personnalité montante de la scène artistique berlinoise, est composée d’une série de photographies, dans l’esprit de [l’école allemande|(http://lbenyell.blog.lemonde.fr/2008/09/30/objectivites-la-photographie-a-dusseldorf/)] (de Düsseldorf pour être plus précis) de l’objectivité photographique dont on a vu récemment une remarquable rétrospective.

Ce qui nous sera montré ne sont autres que des scènes de la vie quotidienne d’un centre de rétention pour étrangers, comme il en existe en France, notamment près de Roissy, mais en bien plus délabré. Un regard objectif posé par un appareil toujours posé au même endroit dans des studios d’hébergement identiques. L’architecture de ces derniers résonne avec celle des conteneurs transportés par les bateaux de notre monde globalisé. Les hommes seraient-ils devenus des marchandises ?

En parallèle à cette exposition se dérouleront des manifestations poétiques et de lectures de témoignages en lien avec la Cimade, et la publication d’un dernier ouvrage sur les conditions de rétention des étrangers.

Pâques, 17 avril-8 mai : Peter Alasztics, Piéta (acier peint).

Cet [artiste hongrois|http://qubehead.com/] qui a laissé en dépôt à Saint-Merry une petite piéta contemporaine en acier peint nous avait aussi proposé d’en faire une nouvelle trois fois plus grande. Nous avons retenu ce projet, mais la taille finale de cet objet sera une surprise… Par ailleurs, l’artiste présentera d’autres sculptures dans les chapelles latérales

Pâques, 17 avril-8 mai : Maxim Kantor, Procession.

Ce grand artiste russe développe deux types d’œuvre, l’une politique, dénonçant toutes les atteintes à la démocratie et la dignité humaine, l’autre est religieuse. Il nous "prête" une des toiles à laquelle il est le plus attaché.

Site de l’artiste

15 mai - 4 juin : Martine Chitoffrati, L’échelle de Jacob (acrylique sur toiles de verre, sculpture...)

Si la plupart des œuvres présentées à Saint-Merry sont faites indépendamment du bâtiment et des espaces de l’église, quelques-unes sont au contraire conçues en fonction de ces lieux, voire pour eux. Il en va ainsi de cette œuvre qui occupera toute la chapelle dite des Expositions - création architecturale particulièrement originale du baroque français - et qui sera une mise en écho de ce style car l’artiste a elle-même une écriture baroque. Mais en adoptant le style Installation, cet évènement confrontera un style du XVIIe et son interprétation au XXIe

Octobre : Hugo Verlinde, Croix (sculpture et arts numériques)

Cet artiste dont nous avons déjà vu une œuvre lors de l’expo « Où commence le ciel » (les pixels bleus clignotants de la toile du claustra qui ont étonné bien des spectateurs), et dont V&D a parlé dans son article reportage de la Nuit Blanche 2010, proposera une œuvre étrange, avec deux déclinaisons : l’une pour le jour, l’autre pour l’obscurité. Il s’agira d’une grande croix de bois et céramique blanche, conçue et construite à l’échelle de certains espaces de l’église que l’artiste présente en ces termes :

- Les carrés de céramique sont positionnés sur des profondeurs multiples. De 3 mm à 6 cm du fond de la croix sur des panneaux de bois peint en noir. Ils semblent en apesanteur dans l’espace.
- Vus de face, les carrés de céramique se placent les uns à coté des autres avec un léger décalage
- Mais cette sculpture se métamorphose en soirée en installation lumineuse (avec des pixels bleus dont l’ensemble donnera l’impression du petit film suivant. Ndlr). Il s’agit en réalité d’une installation numérique, comportementale.
- Les images d’une nébuleuse solaire se déploient et irriguent toute l’architecture de la croix. En fonction de notre présence, l’univers au départ lointain et inaccessible se rapproche progressivement et nous englobe.

À titre d’exemple de ce qui sera vu la nuit, une œuvre précédente de l’artiste :

Forêt de Eva Jospin Projet en gestation

Une installation plus pérenne que la précédente.

Nous avons tous été séduits par l’œuvre mystérieuse présentée à l’exposition d’été, dans une des chapelles latérales. Comme elle l’indiquait dans l’entretien à V&D, l’artiste envisage de proposer au CPHB de réaliser une œuvre spécialement pour un lieu, mais en pleine lumière. Peut-être devant le Monument aux Morts.

À y regarder de très près, il y a là une convergence de symboles. En effet, dans l’iconographie chrétienne, la croix, un bois particulier, était souvent peinte avec un crâne devant elle, le crâne d’Adam, le Christ étant le nouvel Adam d’un temps qui ne finit pas. Or, sous la dalle de la chapelle dite des Expositions se trouve un ossuaire, tandis que le monument est celui du souvenir, donc lié à des morts.

Mais ceci n’est qu’à l’état de projet !

Collaboration avec les Rendez-Vous Contemporains

11 mars + 2 semaines : Lampe-tempête est une revue, elle enregistre périodiquement des mouvements actuels, nourris parfois des signes du passé, dans les domaines des arts, des sciences, des littératures et de la philosophie. Un collectif compose ainsi une revue papier et sur Internet à l’aide d’œuvres et de propositions diverses. Au travers de ce qu’on pourrait appeler ATELIER, elle invite les œuvres et les auteurs au dialogue, à la correspondance. V&D s’associera à RdV pour une démarche d’improvisation artistique et d’expérimentation sous forme d’une exposition de grands objets durant 15 jours.

Le projet est à l’étude.

Du 14 au 17 juin : Fabrication d’un Mandala (sables colorés) par les moines tibétains de Gyuto

Ceux-ci chanteront le 17. Cette démarche liée à la tradition Tantra, n’est pas sans rappeler la démarche de Jean-Hubert Martin, directeur du centre Pompidou, qui en 1989 produisit une grande exposition : « Les Magiciens de la Terre » à la Grande Halle de La Villette. Celle-ci a rassemblé les œuvres de 100 artistes contemporains, les uns appartenant au monde artistique occidental ou fortement occidentalisé, les autres appartenant aux arts dits "archaïques" ou "premiers" auxquels la qualité de "contemporain" était refusée, comme si leurs auteurs n’étaient pas vivants, comme s’il s’agissait de fantômes ravivant de vieilles civilisations à jamais englouties. Alors que la globalisation se déployait, cette exposition a démontré qu’il existait une création contemporaine ailleurs qu’en Occident et a permis de prendre conscience de l’art international.

Ce moment sera l’occasion pour V&D, dans le thème « Face au Monde », de revenir sur cette forme particulière d’objet artistique qu’est le mandala, exprimant par définition le concept de totalité d’une démarche au travers d’une œuvre qui se suffit à elle-même, et dont les tableaux de Pollock sont une bonne expression dans l’art occidental.

Caroline Delieutraz, Au creux de nos mains (Performance participative + film) Date non encore fixée

Cette performance filmée appelant une participation du public sera probablement un moment de grande poésie. À l’aide d’une caméra spécifique, l’artiste fera une œuvre qui saisira des gestes simples des doigts, et projettera des compositions d’image sur un mode très lent. Il s’agira donc ici de dilatation du temps et des gestes, un changement de nos repères habituels dans un monde qui ne cesse de s’accélérer.

Exposition d’été

Celle-ci est encore bien loin ! Mais pourquoi pas des œuvres sur l’eau ? Le temps s’y prêtera et la question de cet élément est désormais centrale dans le monde.

1er octobre 2011 : participation de V&D à la Nuit Blanche.

Cet événement qui, à Saint-Merry, mobilise transversalement beaucoup d’énergies pour un moment très court mais qui accueille près de 20 000 personnes, aura comme thème l’expression de la culture dans la rue, et cela à partir de films tournés à Bogota (Colombie) par un artiste colombien notamment, et projetés sur des écrans géants dans la grande nef. V&D prendra sa part de la production de cet événement dans les chapelles latérales par d’autres œuvres participant d’interrogations semblables.

À la vue de tous ces projets, un lecteur réaliste pourra se demander s’ils seront tous réalisés.

Bonne question !

Réponse dans un an.

Mais V&D est suffisamment souple et suffisamment sollicité pour vous proposer d’autres œuvres et artistes, d’aussi bonne qualité.

C’est bien V&D qui est « Face au monde … » des artistes.

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