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Représenter l’invisible ?



Les religions du Livre s’accordent sur le refus absolu de l’idolâtrie. Et pourtant, les représentations artistiques ont fait l’objet d’interprétations très différentes que l’on retrouve encore dans l’art d’aujourd’hui. La perception du sacré est aussi abordée de manière différente et les comportements des fondamentalistes n’ont fait que l’amplifier.

Le christianisme occupe toutefois une place spécifique, puisque le mystère de l’incarnation vient modifier toute les perspectives et a été le support d’une iconographie où figurent l’homme et le divin sous des formes les plus diverses. Plus encore, le catholicisme s’est affranchi de certains interdits (cf. la représentation de Dieu en vieillard barbu dans les miniatures de Jean de Beauvais au XIIIe siècle) et a développé une tradition artistique dont regorgent les musées, tandis que l’orthodoxie développait ses propres formes de son côté. En dépit d’origines théologiques fondamentalement différentes, il s’est développé une anthropologie et un questionnement sur Dieu et le spirituel souvent partagés par les artistes contemporains, liés très diversement à leurs églises ou confessions, qui sont à l’origine d’œuvres d’une profonde valeur comme l’a montré l’exposition Traces du sacré, à Beaubourg en 2008.

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Représenter l’invisible est une question que les artistes se posent en permanence et qui va au-delà de la question spirituelle.

Quelques points d’histoire…

Les deux premiers commandements sont stricts : C’est moi le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude : Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. Tu ne feras pas d’idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les cieux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c’est moi le Seigneur, ton Dieu, un Dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez les fils sur trois ou quatre générations-s’ils me haïssent- mais prouvant sa fidélité à des milliers de générations-si elles m’aiment et gardent mes commandements (Ex, 20, 2-6)

Le judaïsme et l’islam ont respecté strictement ces commandements. Ainsi Marc Chagall, suggère la présence divine par la luminosité des jaunes et des blancs.

La représentation de la divinité impensable pour les monothéismes juif et musulman s’est par contre imposée dans la tradition chrétienne du fait du dogme de l’incarnation, Jésus considéré comme Dieu fait homme pouvant être représenté. Ensuite Dieu lui-même a été représenté et cela à partir de l’empire carolingien.

Dans le tradition juive, il y a bien eu des suggestions comme dans la synagogue de Doura Europos, où apparaît la main de Dieu. Mais cette forme d’anthropomorphisme, peut être regardée de manière symbolique en référence à la métaphore biblique de la « main de Dieu ».

Le second commandement comme les hadiths de la tradition musulmane interdisent la représentation de toute créature par crainte d’idolâtrie, car représenter l’homme relève d’un acte de création, or Dieu seul est créateur. Mais cela ne porte que sur les illustrations de la Bible et du Coran et non dans les textes narratifs parallèles ou les commentaires.
Et l’on connaît bien des miniatures persanes, ou des représentations murales où très tôt l’homme est représenté.
Tout est question d’usage. Dans le privé, liberté, dans l’espace public, limitation voire interdiction.

La question des images a traversé aussi le christianisme, avec le rejet de l’iconoclasme byzantin des VII et VIII è siècles, les suppressions des statues et peintures des églises par les réformés, et leur opposition au culte des saints.

Plus que Dieu, c’est le spirituel que l’art contemporain questionne, et enrichit.

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