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Xavier de Torres. Mandala



14 janvier au 29 janvier 2012. Exposition photographique, Claustra de Saint-Merry.

Photo 2MSi les mandalas peuvent être regardés comme des œuvres d’art, pour le bouddhiste, ce sont avant tout des représentations symboliques ayant une valeur sacrée extrêmement puissante.

Dix moines tibétains de l’Université tantrique de Gyütö ont réalisé un mandala de sables colorés à Saint-Merry du 14 au 16 juin 2011.

Cette expérience à la fois spirituelle et artistique s’est terminée par une cérémonie de prière spécifique, puisque les moines ont chanté selon un mode diphonique, mêlant à nouveau culture et spiritualité.

Le photoreporter Xavier de Torres a été invité et a réalisé une œuvre photographique.

Le terme sanskrit mandala signifie disque, cercle et, par extension, territoire spirituel empruntant des traits terrestres. Dans le bouddhisme ésotérique les mandalas, riches et variés, sont consacrés à des bouddhas, saints, déesses et des divinités multiples qui relèvent de systèmes philosophiques développés au VIIe siècle en Inde et transmis ensuite au monde tibétain.

Les mandalas se présentent sous des formes diverses, en peinture, tissage, sculpture et surtout en sable. Ce sont alors des formes temporaires. Ils symbolisent non seulement un cheminement spirituel mais ils apportent également la paix, le bonheur dans le lieu, le pays où ils sont réalisés et une grande bénédiction à tous ceux qui les contemplent avec respect et dévotion. Ce sont des prières pour la terre-mère.

À Saint-Merry, les moines qui étaient venus avec un objectif de rencontre religieuse ont utilisé le claustra et réalisé en trois jours sous l’œil d’un public silencieux un mandala de sables colorés.

Les mandalas obéissent à des règles très strictes. Leur structure de base est toujours semblable, mais les détails varient en fonction des textes (tantra) auxquels ils se réfèrent car chaque mandala est lié à une divinité particulière. Ce mandala désigne à la fois la divinité et sa « cour », son palais et l’univers environnant.

L’ensemble de cette figure repose sur un jardin d’offrandes, le seul endroit du mandala où l’artiste peut librement s’exprimer. Les autres éléments sont rigoureusement codifiés, chaque détail étant symbolique.

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Photo 2M

La sphère du mandala commence à l’extérieur avec les trois cercles successifs du feu, des vajras et des pétales de lotus :
-  le cercle de flammes va consumer les démons et les imperfections du méditant
-  le cercle des vajras représente l’indestructible nature de l’être de diamant que devient l’adepte pratiquant le rituel
-  le cercle des pétales de lotus apporte une purification profonde de l’âme.

Au centre, le palais s’élève selon un plan de forme carrée (la perfection de l’espace de la sagesse), divisé en 4 sections de couleurs différentes, selon les points cardinaux (généralement : vert, rouge, blanc et jaune). Quatre portes en forme de T font face à ces points cardinaux.
Les 4 portes représentent les 4 vertus illimitées (bienveillance, compassion, joie sympathique et équanimité). Elles comportent 4 piliers destinés à favoriser l’apparition des phénomènes positifs, et un linteau supportant la roue du Dharma (représentant l’enseignement du Bouddha) flanquée de deux gazelles.

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Traditionnellement, toute la liturgie liée au mandala est effectuée par un maître qui accomplit la cérémonie soit pour des disciples qui ont demandé à être initiés, soit pour des pratiques de visualisation. Il faut que l’officiant se soit purifié. Le lieu et le moment sont choisis avec grand soin et le lieu préparé est également purifié. Le rite appelle la descente de la force divine au centre du mandala afin que celui-ci ne soit plus une représentation inerte. Le méditant, avec une conscience purifiée, pourra découvrir la divinité qui siège au centre du mandala, et découvrir en lui-même cette nature divine, réalisant ainsi le potentiel de libération qui demeure en lui. Là où régnait la ténèbre, brille la lumière.

Ce type de mandala relève de l’éphémère. Il est balayé et le sable est généralement déversé dans la rivière puis va à l’océan. À Saint-Merry, le sable a été distribué aux visiteurs.

Marie-José Ledru

Le lendemain de la dispersion du sable a eu lieu une cérémonie mêlant prière et chant chorale, d’une forte intensité émotionnelle.

Vous pouvez écouter le chant diphonique, utilisant une technique très spécifique mêlant simultanément chez chaque chanteur un bourdon grave, produit avec la gorge tandis que des harmoniques aiguës sont produites simultanément par résonance.

Vous voulez poursuivre la réflexion, V&D vous propose un dossier de réflexion sur "Mandala et art contemporain"


Pour joindre Xavier de Torres :

xavierdetorres@gmail.com

http://xavierdetorres.free.fr

NB : V&D a beaucoup aimé sur ce site le reportage de cet artiste sur les "indignés" de la Défense

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