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Expositions 2014 à Saint-Merry



Les artistes 2014 avaient été chosis lors d’une réunion du groupe V&D le 23 novembre 2013.

Les artistes qui sont invités à exposer à Saint-Merry, généralement pour trois semaines, relèvent pour la plupart de trois groupes :
-  ceux qui le proposent spontanément, parfois sans même s’être informés sur les conditions de cet accueil,
-  ceux qui sont recommandés par des artistes ayant déjà exposé ou des membres de la communauté,
-  ceux qui ont été découverts et contactés par tel ou tel membre actif de Voir et Dire.

Les deux premiers groupes constituent une large majorité. La plupart du temps, ces personnes n’ont jamais été en galerie, Saint-Merry se singularise, en effet, par sa volonté de privilégier des artistes non connus des circuits commerciaux.

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Du fait de la croissance du nombre de candidats, de leur faible connaissance du lieu et de ses contraintes, des autres occupations liées à l’art et naturellement au temps liturgique, la proportion de projets retenus a baissé. Saint-Merry et Voir et Dire ont changé leur méthode. Il leur faut désormais faire un travail plus important d’accompagnement et de définition des expositions avec les artistes eux-mêmes : on programme par phase des projets que l’on approfondit avec l’artiste pour qu’il soit bien reçu par la communauté d’accueil.

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Il est fort difficile de déceler une quelconque évolution de l’art d’aujourd’hui au travers des artistes de la prochaine année 2014 car le choix qui s’est dégagé est plutôt tributaire de la sensibilité du groupe qui organise cet accueil au sein de Saint-Merry, avec un grand souci de la qualité et de la pertinence de la proposition. Le groupe est attentif, d’une part, à l’accord avec l’architecture du lieu car l’œuvre peut être une occasion d’en (re)découvrir les qualités et, d’autre part, à la démarche de l’artiste qui dit quelque chose à l’homme d’aujourd’hui, au croyant, au chercheur de spiritualité. Il s’agit donc de toucher le visiteur comme l’habitué du lieu, de leur donner un moment de réflexion et de respiration, et cela de manière originale.

Une première programmation a été élaborée lors de la réunion de choix de V&D (23 novembre 2013).

Yves Lefebvre (proposition 24 janvier/24 février)

Il n’est pas un inconnu pour Saint-Merry puisqu’il y est déjà intervenu deux fois : la réalisation d’une crèche en coton-tiges et un séjour en résidence d’été qui s’est achevé par l’exposition d’un bateau de fil de cuivre, lors de la Nuit Blanche 2008. Il est aussi régulièrement présent dans certains évènements théâtraux organisés dans l’église. Autodidacte, il travaille depuis de longues années sur des dessins très personnels et intériorisés, réalisés au stylo à bille et au crayon ; un art brut qui n’est pas sans écho avec les expressions des artistes non occidentaux, aborigènes ou indiens aux cosmogonies les plus diverses. Dans cette traduction visuelle d’un cheminement intérieur, ses œuvres refètent l’imaginaire à l’aide d’un langage dont on n’a pas les références, un langage unique, le sien.

Exposition de groupe : « Proches » (proposition 9 /30 mars)

Quatre artistes ont proposé des œuvres qui se sont révélées occuper un champ commun, quoique très large : l’homme dans son environnement, dans un environnement proche de celui de l’artiste, dans une situation mentale dont l’artiste souhaite se rendre proche.

Bertrand Barachin dessine sur ordinateur des personnages déformés, des univers urbains colorés et soulevés par le vent, des réinterprétations d’œuvres ayant comme thème le travail qu’il a vues au BIT de Genève ; tout est ensuite contrecollé sur bois.

Une œuvre hallucinée, fortement existentielle et marginale d’un homme qui ne se déplace plus mais dont la peinture quotidienne est l’espace qu’il traverse de part en part. Un art brut, nourri cependant de culture, qui voit le Proche autrement.

Claudie Fabre :

« Je peins l’univers industriel et particulièrement le travail ouvrier. Née dans le Bassin industriel creillois et élevée au cœur de la culture ouvrière, une partie de mon travail artistique concerne le milieu industriel et particulièrement les connivences entre l’homme et la machine : d’un côté les formes puissantes en acier et les mouvements féroces des machines, de l’autre l’inventivité des hommes et des femmes, la précision et la délicatesse de leurs gestes. Corps, machines, matières, mouvements, bruits, lumières mêlées, voilà ce que je peins. »

À l’heure où l’on déplore la désindustrialisation française, où la crise malmène les territoires sans donner d’alternative économique, cette œuvre faite de dessins, de peintures et d’aquarelles, qui se promène dans des centres municipaux, des entreprises, des lieux du syndicalisme parle de ce qui a fait le ciment d’une société, où l’autre était proche car quotidien, dans le travail de l’usine, la manif ou le HLM. Le Proche n’est pas ici nostalgique mais digne.

NB : la participation de Claudie Fabre est repoussée de quelques mois

Sandrine Vergnères utilise le pastel et la craie grasse pour dire un univers urbain très proche, celui de Tanger, où elle vit et travaille.
Alors que dans sa famille beaucoup vivent dans l’univers du spectacle, de la scénographie, du film et du numérique, elle a choisi un médium ancien et traditionnel. Elle exprime la rue qui grouille et surtout cette société méditerranéenne naviguant entre plusieurs mondes, celui de la révolte, du désir d’émigration, mais aussi celui, plus ancestral, de la discussion dans l’espace public. Elle y est plongée avec une empathie évidente, traduite avec une riche palette de couleurs.

Charlotte Szmaragd

« Le projet Les pas Perdus prend sa source dans des lieux d’attente où les regards semblent perdus, comme absents, absorbés dans une fébrile immobilité. C’est dans cet espace vide du regard vacant que mon projet s’inscrit. Il s’agit de trouver et de donner une nouvelle présence à ces figures inconnues en leur prêtant une existence poétique appartenant à une autre réalité, décalée et fantasmée. »

L’œuvre est ambitieuse : des dessins monotypes de soie ou marouflés sur toile, une vidéo, des poèmes. Il s’agit aussi d’un travail sur le regard subjectif de l’artiste, sur la manière dont il réduit la distance avec son sujet pour le rendre poétiquement très proche ou encore pour exprimer, par la confusion des traits, que cette proximité peut faire perdre toute distance et compréhension.

Anne Gratadour (Proposition 19 avril/ 10 mai) « Résurrection ».
Une œuvre qui porte la référence religieuse du lieu et qui, par la dimension des toiles, va se mesurer à la hauteur de la nef ; 3 à 5 toiles abstraites, en référence à Manessier, peintes à la caséine , un mat obtenu selon une tradition ancienne, et d’où semble sortir la lumière, tel un vitrail. Une œuvre faite pour Saint-Merry et pour le temps pascal. Un pari, un défi. Anne avait montré un splendide chemin de croix peint à Saint-Séverin en 2012.

Cécile Borne (Proposition 7/28 juin) « Mu(e)s »

« Je marche sur le rivage. J’arpente les grèves. Ma collecte : des tissus échoués, chiffons abandonnés par la mer dans le sable, fragments de mémoire, vêtements élimés venus du large, vestiges d’un monde flottant. Par le jeu des métamorphoses, je redonne corps à des matières désaffectées, issues du rebut du monde, épuisées, grignotées. Je découds, recolle, assemble les fragments. J’interroge les lignes, les tâches, les accidents. Je tente de reconstituer les bribes d’une histoire décousue. »

Cette Bretonne est une chercheuse du délaissé, de l’abandonné à qui elle donne une deuxième vie dans ses vastes installations.
Elle récupère non pour trier et recycler (cf. l’exposition « Personnes » de Christian Boltanski) mais pour restituer, pour redonner forme. La frontière est poreuse avec les textes et lieux bibliques : Samuel (1 S 2,6), Les Maccabées (2 M 7,9), Tibériade, etc.

Exposition d’été. (Proposition : 10 juillet/30 août)

Deux artistes, l’un avec une œuvre en mouvement, pour révéler la voûte de l’église par la lumière et l’autre, pour explorer les confins d’un univers mental.

David Letellier. “Caten”, un projet envoûtant et musical.

Pour voir la lumière passer, il faut l’arrêter ! Dans les églises, les vitraux ont cette fonction, mais il est d’autres moyens créés volontairement ou fortuitement par les artistes. Ainsi, au lendemain 2013 de la Nuit Blanche de Saint-Merry, l’œuvre de Pascale Peyret a changé complètement de visage lorsque les centaines de fils de nylon reliant des socles aériens à des poches de tradescantia se sont mis à vibrer sous le soleil.

David Letellier. va beaucoup plus loin

 

Le nom « Caten » vient de caténaire, la forme que prend un câble lorsqu’il est suspendu à ses extrémités.
Pour Saint-Merry, l’artiste reprendra une sculpture faite de cordes, 200 à 300 fils, reliées à des moteurs latéraux pour produire une lente rotation, le ballet d’une sorte de filet induit par la gravitation, symétrique de la voûte, qui frémira aux éclats du soleil passant par les vitraux souvent translucides de la nef. L’artiste est aussi un compositeur qui a écrit une musique minimale construite sur les quatre notes de l’hymne de Saint-Jean-Baptiste, base du solfège médiéval. Ce projet, déjà monté dans une chapelle de Caen, nécessite des moyens logistiques et financiers importants qui restent à trouver. Il s’agit de proposer une halte de repos méditative à tous les touristes qui vont en pèlerinage à Beaubourg durant l’été.

Quentin Guichard. “Exographie » est une œuvre complète qui propose un autre questionnement aux visiteurs à l’aide de grandes photos, de films et de musique qui emportent aux confins d’un univers intérieur, telle une voûte étoilée la nuit d’été.

« Je cherche une trace. Les signes de forces immuables qui rayonnent depuis les origines. Des particules élémentaires à la formation de l’univers, des puissances invisibles essaiment la matière et nos corps, comme une immanence qui nous traverse. De ce chaos naît pourtant une forme fragile et violente d’harmonie que je cherche à saisir derrière les apparences. Ma démarche est un travail de dévoilement à la recherche d’une unité perdue. »

Cette œuvre de dévoilement de nos mondes personnels est conçue par un jeune artiste opérateur de cinéma. "Lors du vernissage sera jouée en concert "en live" une pièce de musique électro-acoustique, ABÎMES (27 min), composée en 2009. A l’image des Exographies, cette pièce interroge de manière frontale la question de nos origines et de l’émergence du sacré. Elle sera accompagnée, en prologue, d’une pièce récente composée en Juin dernier, SONNENREISE (10 min)."

Les autres projets à l’étude
Les projets de
• Pascal Pesez & Elodie Boutry
• Mark Weighton
• Christine et Xavier Morin
• Raphaelle Pia
• Rachel Pugnere
• Marie-Pierre Laboulandine

font actuellement l’objets d’échanges aux termes desquels la programmation de la fin 2014 sera décidée.


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