Voir & Dire : un réseau de personnes curieuses de l’art contemporain, un dispositif d’accueil des artistes et de leurs œuvres à Saint-Merry, église du centre de Paris, un lieu d’expositions et de débats, un site internet de formation et de découvertes...


Accueil > Cousins et amis > Galerie Saint Séverin > Vincent Dulom. L’entre-ciel


Vincent Dulom. L’entre-ciel



Une expérience contemplative pour noctambules. Un point bleu, une sorte de phare. Un dépouillement intriguant et splendide à voir à la galerie Saint-Séverin, jusqu’au 27 novembre 2013.

Si vous parcourez, la nuit tombée, la rue des Prêtres-Saint-Séverin, vous êtes presque obligé de vous arrêter au 4, devant cette boutique très particulière qu’est la Galerie.

Un papier flotte en l’air, un point épais aux contours imprécis…

Mais qu’est-ce ?

« [Le résultat d’un travail de] jet d’encre pigmentaire sur un papier au fort grammage, au PH neutre, sans acides, sans azurants et d’une blancheur naturelle (l’artiste a d’ailleurs acheté le stock complet de l’enseigne qui le fabriquait quand il a appris qu’elle cesserait sa commercialisation) et sur un format prédéfini (l’artiste évolue toujours sur des formats normés, de type A4, A3, etc.) ; l’exigence est bien de rigueur.
En vue de la réalisation de son œuvre, Vincent Dulom prend soin d’installer sa peinture : il la pose, la tend, l’épingle ; trois actions simples. » Géraldine Dufournet, commissaire.

Pour saisir l’originalité de l’œuvre de Vincent Dulom, il faut commencer par cliquer et regarder une minute cette composition.

Une vibration étonnante, une pulsation.

En effet, c’est ce que l’on ressent principalement la nuit en regardant cette figure ronde suspendue sur un fond blanc immaculé et qui s’évanouit à partir de ses bords, le cadre de la galerie dessinant alors un monde de rigueur.

Cette installation minimale produite à l’occasion de la Nuit Blanche irradie, se dilate, attire, émet un halo d’ombre et de lumière, se modifie selon le déplacement du public, disparaît… Elle semble vivre selon sa logique propre.

L’artiste lui a donné un nom objectif sans poésie, son nom unique : « Posée 1011110810111101 2010-2013, 19 x 29,7 x 4,5 cm. Jet d’encre pigmentaire sur papier (tirage unique), planche de contreplaqué peinte en blanc sur la face supérieure, 21 x 29,7 x 1 cm. »

Cette œuvre pourrait tenir de l’art optique, mais elle est trop modeste et ne cherche pas à s’imposer dans son environnement.

Vincent Dulom est un peintre en quête du sublime. C’est aussi un penseur dans la lignée d’un saint Augustin, dont il a en commun l’exigence, la rigueur, et avec lequel il partage le goût de la simplicité. Le plan qu’il crée apparaît comme une sphère de lumière échappant aux lois du matériel.

Cette expérience visuelle prend une autre dimension durant le jour, quand les passants et le visiteur lui-même se reflètent dans la vitre, leur image diaphane marquée d’un point bleu étrange. La tache est stable dans un univers urbain qui bouge.

Magnifique dépouillement dont le titre (donné par le commissaire ?) est discrètement ambigu : entre deux choses, le ciel et quoi ? Une entrée dans le ciel, et lequel ?


PS :

Découvrez les nouveaux articles de Voir et Dire : un site à visiter sans modération…

Les articles de ce site vous intéressent et vous désirez recevoir la lettre mensuelle de Voir et Dire. Rien de plus simple.

Inscrivez-vous et mettez votre adresse ou encore envoyez-nous un mail sur voiretdire.net@gmail.com.

Un message, un commentaire ?


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?





Votre message





Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.