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Maxim Kantor. De l’autre côté



Saint-Merry. Exposition majeure de onze œuvres spirituelles d’un peintre visionnaire. Une interprétation étonnante des Textes. 9 avril-19 mai.

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Les réfugiés. 2014

Maxim Kantor a fait de la peinture un acte de résistance politique et esthétique. « Expressionniste existentiel », il détourne les codes de la peinture tout en se plaçant dans le sillage des grands maîtres, Breughel, Mantegna, Van Gogh. Né à Moscou en 1957, il n’a cessé depuis les années 80 de dénoncer la violence politique et l’injustice sociale. En 2017, pour l’église Saint-Merry à Paris, il s’est lancé un défi : interpréter visuellement des Textes bibliques. Il expose onze grands tableaux dans le registre spirituel, dont trois œuvres manifestes spécialement créées pour le lieu. (cliquer dans les images de l’article)

Rencontre avec l’artiste vendredi 28 avril à 17 h30. Catalogue à disposition.

Un itinéraire, une exposition mise en perspective

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L’art comme arme

« Je suis convaincu que l’art doit remplir un rôle bien déterminé dans la société : l’art doit s’opposer à l’injustice et protéger les valeurs humaines. Couleurs, palettes, pinceaux, toiles sont des armes avec lesquelles un artiste fait face au monde. Si ce chemin s’appelle « Expressionnisme », alors je suis expressionniste. Chaque jour, j’essaye d’utiliser les armes d’une meilleure façon. » (Maxim Kantor. 2005)

Trois grandes périodes marquent son itinéraire artistique.

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Salle d’attente. 1985

• Les années 80 : il dénonce le système totalitaire soviétique notamment par ses descriptions de la vie quotidienne. Il peint des prisons, des wagons, des terrains vagues et surtout des gens seuls et pauvres auxquels il confère de la dignité tout en manifestant sa compassion. Il nomme cette phase « la période rouge » en référence à la couleur dominant ses toiles.

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It’s a deal. 2002

• Les années 90 : l’effondrement de l’empire soviétique et l’apparition d’une autre société, qui est tout sauf un paradis démocratique, lui fournissent de nouveaux motifs. Il stigmatise, au travers de ses dessins, l’appropriation des richesses par les oligarchies.

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Printemps brun. 2016

• Au milieu des années 2000, alors qu’il vit désormais entre Paris, Londres et Berlin, il se tourne vers l’Europe. Il déplore la perte des idéaux nés avec la Renaissance et les Lumières ; il dénonce la domination du capitalisme financier et des pouvoirs, ce qu’il appelle le New Empire. L’album Vulcanus constitue une synthèse de cette vision de l’Histoire. Prince de la satire, il donne une interprétation sarcastique de l’évolution du monde. Il mobilise de nouveaux symboles : Babel, l’Atlantide, les journaux, la taupe.

Maxim Kantor donne désormais à l’art une mission de survie dans ce qu’il ressent comme une crise de civilisation. Puisant ses références dans la vision des humanistes et des artistes de la Renaissance, il observe les temps actuels et y voit des similitudes avec l’époque médiévale et ses obscurités.

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La tentation de Saint Antoine. 2015

Avec son « nouveau bestiaire », il renoue avec la tradition de représenter le mal par des dragons et des monstres. Il se situe aussi dans le sillage d’un Jérôme Bosch, du grotesque et du fantastique pour décrire le chaos du monde. Si la tonalité de ses œuvres change, son idéal de justice et d’émancipation de l’être humain est toujours le même. Apparaissent des héros négatifs dont Vladimir Poutine, figuré de manière récurrente en dragon, et des héros positifs comme Lancelot du Lac, Pantagruel, Don Quichotte. Toute son œuvre, symbolique et expressive, se fait plus précise pour évoquer les menaces sur le monde et les risques de totalitarisme. Il devient une conscience morale de l’Europe, le sujet grandissant de son œuvre. Ses vecteurs d’expression lui permettent d’exprimer sa colère d’intellectuel engagé et de diversifier ses actes de résistance, dont sa protestation contre l’annexion de la Crimée est illustrative..

Avec l’exposition de Saint-Merry, il met l’accent sur une autre dimension de sa personnalité : la foi chrétienne, qui a commencé à poindre dans ses tableaux au milieu des années 2000.

Le sens d’une exposition

« De l’autre côté. Merry Symbolism », un titre en français, un sous-titre en anglais : deux manières de lire les onze œuvres exposées. Derrière leur diversité une même question est en jeu, celle du passage, du déplacement : celui des personnages dans les tableaux qui vont d’un lieu à un autre ; celui de l’artiste s’ouvrant à une réalité spirituelle clairement signifiée ; celui du lieu d’exposition de sa peinture, après les institutions, une église dans sa richesse patrimoniale.

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Autoportrait. 2004

Ces tableaux ont en commun un style expressionniste vivement coloré et une riche construction symbolique, il y a du Bosch et du Beckmann chez lui, mais partagent bien plus. En 2017, Maxim Kantor précise où il va. Cet « autre côté » est un vaste territoire spirituel qu’il parcourt en humaniste et en chrétien profondément convaincu. Sa famille et ses amis les plus chers font partie du voyage. Invitation est faite à les suivre. Mais l’artiste n’est pas un prosélyte, il laisse le spectateur libre de ses interprétations dans le parcours joyeux d’une symbolique (Merry Symbolism) imprégnant tout son univers plastique.

Les œuvres

En se laissant guider par le lieu, Maxim Kantor a réalisé trois grands formats qu’il considère maintenant comme des œuvres manifestes.

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Résurrection. 2017

- Saint Luc peignant la Vierge et l’Enfant : de l’autre côté du chevalet, le peintre donne une interprétation de la figure de Marie tenant Jésus dans ses bras
-  Résurrection : l’homme passe de l’autre côté, sur sa barque-mandorle
-  Grande Rosace, Saint Georges et le dragon : un combat s’engage avec les forces du mal, de l’autre côté.

D’autres tableaux datant de ces dernières années évoquent les menaces qui pèsent sur l’humanité et la quête d’un autre côté où vivre ensemble. Dans des registres différents, ils évoquent ce que migrer et émigrer veulent dire :
-  Les réfugiés
-  Les comédiens ambulants
-  La fuite en Égypte
-  Le bateau ivre.

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Tour dans la forêt. 2016

Les quatre derniers tableaux introduisent à sa propre vision de la spiritualité et de la foi :
-  Deux hommes en prière
-  La tour dans la forêt
-  Le nid
-  Graal.

Un homme de culture et de foi

Homme de culture immense et grand lecteur, Maxim Kantor voit la réalité d’aujourd’hui avec les yeux des hommes de la Renaissance, ce temps de l’humanisme critique et universaliste, des grandes confrontations par les romans et les images. Il puise aussi bien dans les textes de Thomas d’Aquin que de Dante, il se situe dans le sillage de Jérôme Bosch, Dürer, Goya, Delacroix, Daumier. « De l’autre côté » est ainsi truffé de ces références multiples ancrées dans la modernité européenne. Le visiteur cherche et trouve rapidement des éléments familiers à sa mémoire.

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- Grande Rosace : Saint Georges et le dragon. 2017

La symbolique des dragons et animaux fantastiques, que l’on retrouve par traces dans quelques toiles, provient de son « nouveau bestiaire », produit depuis quelques années et qui renvoie aux réalités monstrueuses de notre civilisation. La question de la lutte du bien contre le mal est abordée avec des codes immédiatement compréhensibles. Maxim Kantor séduit par cette manière si particulière de partir de l’homme et des grandes questions sociales d’aujourd’hui pour l’ouvrir, par la couleur et la construction de ses tableaux, à la question du spirituel et de la foi incarnée.
Si la compassion pour l’homme maltraité par tous les pouvoirs et l’affirmation de sa dignité ont été au cœur de l’inspiration de Maxim Kantor pendant deux décennies, il reconnaît désormais aux textes religieux une puissance vitale.

Dans les œuvres de ces dernières années, l’île de Ré et sa nature prennent une place grandissante. Ce lieu qu’il a choisi, après avoir beaucoup voyagé, lui offre des références, la mer, les arbres, les couleurs ; la nature familière qu’il y côtoie nourrit sa création, comme les îles Marquises chez Gauguin ou la Bretagne chez les Nabis.

Les valeurs universalistes de Maxim Kantor se déploient dans un territoire plus vaste que celui de l’art, puisqu’elles plongent dans l’intime de sa foi chrétienne. L’homme garde sa fonction de veilleur et, par ses couleurs, parle toujours plus de vie, ce qui est l’étymologie de peinture en russe : jivopiss, « écrire le vivant ».

A l’occasion de l’exposition « De l’autre côté », Voir et Dire a élaboré un petit catalogue qui commente chacun des tableaux tout en les situant dans l’ensemble de l’œuvre de Maxim Kantor et les met en perspective. Catalogue disponible à la table d’accueil dans la nef de l’église. Les catalogues de ses deux expositions majeures (Vulcanus et Nouveau Bestiaire) sont aussi présentés.

"De l’autre côté" : Onze œuvres

Saint Luc peignant la Vierge et l’Enfant, avec saint Augustin, saint Jean-le-Baptiste et saint Thomas d’Aquin
2017, Huile sur toile, 285 x 230 cm

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Patron des médecins, saint Luc est aussi patron des imagiers (peintres et sculpteurs). Aussi le peindre est devenu progressivement synonyme d’hymne à la peinture, notamment dans la tradition flamande.
Au lieu de la représentation classique du peintre représentant sur son chevalet une Vierge à l’Enfant, Maxim Kantor donne à voir une Pietà, non peinte, mais dessinée. En effet,
 il pense, comme les artistes de la Renaissance, que le dessin (disegno) est l’art suprême.
Autour de lui, non des commanditaires, mais sa famille, sa femme, un enfant qu’il n’identifie pas à son fils, son père et deux amis qu’il aime. Dans ce type de peinture codée, les peintres représentaient leur atelier, Maxim Kantor, lui, peint l’environnement de l’île de Ré (couleurs, arbres, végétation) et identifie le milieu insulaire à son atelier.

Résurrection
2017, Huile sur toile, 285 x 230 cm

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Pour Saint-Merry, dix ans après son premier tableau de crucifixion, Maxim Kantor a peint pour la première fois une Résurrection, mais sans reprendre l’iconographie traditionnelle. Il peint un homme, seul, décharné comme après un temps de souffrance, nu, avec un simple périzonium. Ses mains, sur les rames, sont proches du corps, évoquant les descentes de croix. Contrairement aux personnages de bon nombre d’autres tableaux de Maxim Kantor, l’homme ne regarde pas le visiteur, il est ailleurs. L’homme passe d’une rive à l’autre, comme dans le mythe ancien du Styx. La mer et le ciel se confondent. La barque a les contours d’une mandorle, le cadre traditionnel de la représentation du Christ en gloire. Résurrection est l’expression d’une expérience personnelle de l’artiste, le passage, ou étymologiquement la Pâque. Il a en effet quitté définitivement son pays d’origine, la Russie.
La symbolique utilisée par Maxim Kantor est multiple mais le corps occupe une place centrale, la mandorle-barque étant une traduction du qualificatif glorieux utilisé en théologie. Le caractère très concret du tableau renvoie à la fois au vécu intime et récent de l’artiste ainsi qu’aux récits des apparitions dans les Textes qui insistent sur la corporéité du Ressuscité.

Aller plus loin dans l’interprétation

Grande rosace : Saint Georges et le dragon
2017, Huile sur toile, 250 x 270 cm

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Au centre de Merry Cathedral, le tableau offert à Saint-Merry, une rosace colorée, l’humanité dessinée en noir et blanc cheminant autour. Maxim Kantor, intrigué par la grande rosace de Saint-Merry, faite de simple verre blanc et cachée par l’orgue, a imaginé ce qu’aurait pu être ce vitrail dans l’esprit du lieu.
Grande rosace : Saint Georges et le dragon est une allégorie, politique
 et religieuse, s’appuyant sur le livre de l’Apocalypse : la victoire de la foi sur le démon.
Ce tableau est significatif de l’orientation suivie par l’artiste depuis cinq ans, « le nouveau bestiaire », ainsi qu’il la dénomme, marquée par son attrait pour les dragons et démons du Moyen Âge. L’enjeu n’est pas esthétique, mais moral et politique. On reconnaît dans la figure de crocodile dragon, une figure bien connue.

La fuite en Égypte
2016, Huile sur toile, 230 x 170 cm

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Le sujet a été maintes fois abordé : la fuite en Égypte de Marie, Joseph et l’Enfant pour échapper à la haine du roi Hérode. Généralement, les protagonistes occupent la majeure partie du tableau ; ici ils sont minuscules.
Le désert est remplacé par une ville gigantesque à la forme de tour de Babel rouge, menaçante avec ses gargouilles, une sorte de métropole aux escaliers et voies rappelant les constructions impossibles de Escher. Les personnages en fuite ont choisi le chemin de droite qui monte vers le seule issue possible : une ultime terrasse en forme de Golgotha.
En bas du tableau, un bâtiment qui rappelle ceux du Collège Pembroke, à Oxford où Maxim Kantor est Honorary Fellow. Au premier plan, des animaux propres à son « nouveau bestiaire ». La satire porte sur des collègues du Collège, représentés en ânes portant toque universitaire, mais aussi en cochons. Ils discutent, sous le regard critique de saint Jérôme accompagné de son lion, érudit et patron des bibliothécaires, et ils ne voient pas le drame qui se joue auprès d’eux : celui des réfugiés qui est le sujet caché derrière cette fuite en Égypte.

Les réfugiés
2014, Huile sur toile, 220 x 240 cm

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« Le plus important, c’est que le langage de la résistance ne relève pas d’un vocabulaire social, ou sociologique, ou idéologique. Il convient de résister non pas au mensonge (cela va de soi et c’est simple) mais à l’humiliation des faibles... » (Maxim Kantor 2005)

En se peignant en rouge, au milieu de sa famille, tous nu-pieds, dans le dénuement, lacérés de traits colorés, il s’identifie à ces hommes aux regards angoissés, qui ont la rage de vivre et avancent coûte que coûte comme le signifient leurs mains orientées vers l’avant, vers le futur.

Les comédiens ambulants
2015, Huile sur toile, 196 x 306 cm

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Ce tableau de groupe, très subtil par ses couleurs, aborde la migration, non l’exode des réfugiés qui relève d’un autre registre social et politique, mais l’expérience intime de l’artiste.
L’idée est commune chez les grands peintres : rassembler ses relations, sa famille ou ses collègues dans un endroit emblématique — l’atelier, le café, la maison — et faire un tableau de groupe répondant à des visées précises sur l’art et la société. Maxim Kantor qui ne représente précisément que ses très proches va ici au-delà de ce cercle habituel : ce sont ses amis les plus chers, de pays différents, qu’il rencontre souvent et avec lesquels il échange abondamment. Tous partagent l’amour des livres, essentiel pour ces intellectuels dont ce sont les seuls bagages, en référence au destin que portent symboliquement les migrants dans les tableaux peints par d’autres artistes.
Ces personnes marchent, elles migrent comme l’ont fait le grand-père juif de Maxim Kantor parti pour l’Argentine, son père revenu à Moscou et lui-même qui a renoncé à rester citoyen russe en 2015. Il a rompu avec toutes ses racines et se trouve dans la position de l’exilé.

La tour dans la forêt
2016, Huile sur toile, 180 x 280 cm

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La tour de Babel est un sujet récurrent dans l’œuvre de Maxim Kantor.
Ce tableau très graphique et plein de mouvement est dominé par deux couleurs primaires intenses, le vert et le rouge, traduction chromatique d’une confrontation. Une ville-cathédrale, avec clochers et toits en bulbe, rouge de la force de l’espérance, solidement fondée dans le sol, résiste aux vents, à la tourmente et aux tremblements de terre. Elle se dresse au milieu d’arbres, sans feuilles, noirs ou calcinés, symbolisant, comme dans d’autres œuvres, une humanité vide de spiritualité. Symboliquement, l’artiste affirme que la force de la foi chrétienne résistera au mal.

Le bateau ivre
2016, Huile sur toile, 170 x 180 cm

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L’océan qui gronde autour de l’île de Ré lors des tempêtes et des grandes marées inspire à Maxim Kantor de nombreux tableaux remplis d’émotion.
Si le titre, Le bateau ivre, peut évoquer le fameux poème d’Arthur Rimbaud, il faut plutôt associer ce tableau à celui de Jérôme Bosch, la Nef des fous ou aux illustrations par Albrecht Dürer du poème de Sébastien Brant. Mais chez Maxim Kantor le ton n’est ni ironique ni moralisateur : l’homme est en danger, l’Europe aussi.
Plusieurs interprétations s’entremêlent pour ce tableau presque carré dont le cadrage n’est pas anodin, c’est une vue des cieux. Le voile blanc et les deux personnages qui le hissent peuvent être interprétés comme la reconnaissance du courage des hommes qui assument leur responsabilité face à l’adversité, mais aussi comme une relecture des textes évangéliques. Il n’y a pas de symbolique univoque chez Maxim Kantor, mais un ensemble d’éléments recombinés en permanence et ouvrant à des interprétations entremêlées.

Le nid
2015, Huile sur toile, 200 x 230 cm

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L’artiste peint rarement des paysages, mais, revenant aux origines de la vie,
 il utilise des éléments primaires comme l’eau, l’océan, le vent, l’arbre, convaincu qu’ils ont été délaissés par la course au progrès.
Le nid est un tableau densément peint aux multiples nuances de vert et de bleu, un intérieur de forêt, où s’impose un arbre immense, fort, torsadé comme sous l’effet du vent. Cette figure que l’on retrouve dans d’autres tableaux exprime la force de vie et la solidité spirituelle qui sont les siennes, le débordement des branches suggérant peut-être ses engagements. Un nid, un oiseau : les figures du printemps, de la famille si importante chez lui, du renouveau humain et spirituel.

Deux hommes en prière
2017, Huile sur toile, 140 x 140 cm
Maxim Kantor donne une autre dimension à sa relation au père qui dépasse, ici, l’infinie reconnaissance filiale présente dans nombre de ses tableaux.
De ces taches rouges, presque abstraites, sortent mains, pieds et visages très expressionnistes, accentuant l’humanité des deux personnages. On peut y lire l’introspection et l’angoisse pour l’un, la louange pour l’autre, comme l’est la prière des psaumes. La version de 2017, peinte avec une brosse vigoureuse et fondamentalement expressionniste, mêle inquiétude métaphysique et sérénité humaine.
En peignant les deux vêtements dans les mêmes teintes de rouge, le fils qui s’affiche comme Chrétien, désigne son père comme porteur de la même foi, alors que de son vivant, ce dernier se disait athée tout en lisant cependant la Bible à son fils jeune et adolescent.

Graal
2017, Huile sur toile, 120 x 120 cm

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Ce diptyque est la reprise d’un tableau de 2016, l’artiste aimant à traiter des mêmes sujets avec des variantes.
Un calice d’où émerge un étrange arc-en-ciel dont les couleurs sont des variations de rouge, la couleur de l’amour et de la passion.
On peut l’interpréter comme une lecture littérale de phrases liturgiques, un calice et la nouvelle alliance. Un nouvel archétype d’une peinture sacrée ?

Site de l’artiste
Jean Deuzèmes

PS :
• Voir et Dire remercie plus spécialement Philippe Bompard pour le conseil et la réalisation de la maquette du catalogue http://www.philippebompard.com
• Le lecteur peut se reporter au catalogue pour obtenir des commentaires complets assortis de photos.
• Voir et Dire a publié des articles sur Maxim Kantor à l’occasion d’expositions antérieures :


Du 9 avril au 19 mai 2017
76 rue de la Verrerie, 75004 Paris

L’église est ouverte en semaine de 13h à 18h, le samedi de 13h à 18h30 et le dimanche, en dehors des célébrations du matin, avant et après le concert gratuit de 16h.

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